La Santé

LA SANTE AU SENEGAL

La santé est probablement le secteur le plus révélateur du réel état de pauvreté d’un pays….

Pour régler sa dette extérieure dans le cadre du plan d’ajustement structurel, le Sénégal a diminué son investissement dans tous les secteurs publics dont celui de la santé. L’état n’a plus les moyens de payer le personnel, d’entretenir les infrastructures et de disposer de médicaments de qualité : la santé est décentralisée, à charge pour les collectivités locales d’en assumer la gestion.

Sous l’égide de l’OMS, l’Initiative de Bamako est votée en 1987. Cette initiative consiste à augmenter l’efficacité, à assurer la continuité et à diminuer le coût des services de santé pour permettre de maintenir des postes de santé en zones rurales. Le financement et la  gestion des soins sont confiés à la population afin d’en assurer la pérennité.

Le Sénégal fait partie des pays qui ont voté l’Initiative de Bamako.

Dans les faits, un système à deux vitesses apparaît où uniquement les populations urbaines nanties ont accès à des services sanitaires de qualité.

Dans ce contexte, l’effort des populations rurales pour prendre en main leur propre développement et avoir accès aux soins est considérable.

Des solutions inspirées des pratiques traditionnelles d’entraide mutuelle se mettent en place. Malheureusement sans l’apport de moyens financiers conséquents, les populations rurales ne peuvent investir dans les dépenses de santé telles que la construction et l’entretien de locaux adaptés ou l’achat de matériel médical.

La situation d’ensemble est loin d’être brillante et beaucoup de chemin reste à faire pour que la santé devienne un droit au Sénégal.

Alors à défaut de droit, nous devons aider les populations rurales à avoir l’accès aux soins.

LA SANTE A BABA-GARAGE

Les infrastructures :

En 1996, deux associations françaises à vocation médicale, SAAS et Euskadi Sénégal, apportent leur appui à une ONG sénégalaise, l’AcDev, pour l’ouverture de centres de santé accessibles à tous dans des zones défavorisées où les populations n’ont pas accès à des soins de santé de qualité par manque de structures et de personnel qualifié.

Leurs choix portent sur des zones rurales nécessiteuses où les populations sont fortement impliquées dans les actions de développement.

Les missions médicales d’urgences et la mise en place d’activités génératrices de revenus (banque céréalière,…) permettent de collecter les fonds nécessaires aux programmes de construction.

En 1997, un local médical et la maternité sont construits à Baba Garage et 9 cases de santé sont réparties sur la Communauté Rurale. Le local abrite la pharmacie villageoise.

Le personnel :

  • L’infirmier chef de poste (ICP) : Infirmier d’état, il assure les mêmes fonctions qu’un médecin : diagnostics, prescriptions, prévention, soins infirmiers traditionnels. Principal acteur de la santé, il permet le suivi médical des populations. I l est rémunéré par l’état.
  • 2 agents de santé communautaire (ASC) : ils secondent l’ICP dans le domaine infirmier.
  • 9 matrones : accoucheuses traditionnelles, elles s’occupent du suivi des grossesses et des accouchements.

Les ASC et les matrones sont rémunérés par le Comité de Santé.

Le fonctionnement :

L’Initiative de Bamako est appliquée à Baba-Garage : les patients paient leur consultation 200CFA (0.31€) et les médicaments à tarif réduit.

La collecte des tickets de consultation permet de dégager les salaires des ASC et des matrones, et de gérer les frais inhérents au fonctionnement (eau, électricité).

La recette des médicaments est réinvestie dans l’approvisionnement en médicaments essentiels et dans l’entretien des structures.

Le Comité de Santé :

Composé de 5 personnes élues par les villageois, il assure la gestion du dispensaire et de la maternité. Sa tâche n’est pas simple : dans la réalité cette gestion s’avère très précaire et si la collecte effectuée sur les médicaments permet le réapprovisionnement, elle ne permet pas l’investissement en équipement médical ni l’entretien des structures.

DISPENSAIRE ET MATERNITE

En dépit d’une politique récente dite « de soins de santé primaires » qui leur a été appliquée, les zones rurales demeurent sous-équipées.

Les populations rurales ne peuvent pas prendre à leur charge toutes les dépenses de santé : l’intervention d’une aide extérieure devient nécessaire pour maintenir les structures déjà existantes et pour soutenir l’effort des villageois.

Agrandissement du dispensaire :

Par manque de place et de moyens les habitants ne restent pas au dispensaire ; seuls les cas les plus graves bénéficient des lits de la maternité.

Terre d’Afrique a donc construit un bâtiment de 12 x 8 mètres d’une capacité de 20 lits pour répondre aux besoins en période de paludisme ; un espace sera aménagé pour accueillir les familles. Inauguration septembre 2005.

Rénovation de la maternité :

Il s’agit de remettre en état les locaux existants : carrelages, peintures…, et installer un fauteuil d’accouchement pour remplacer la table en béton et carrelage.

La maternité enregistre entre 30 et 40 naissances par mois et dispose de 4 lits adultes et 2 lits bébé.

Terre d’Afrique organise des campagnes médicales tout au long de l’année :

–         Convention avec des écoles d’infirmières en France, les élèves effectue leur stage de 4 semaines sur la communauté rurale.

–         Venue d’infirmières volontaires de 10 a 15 jours

Si vous êtes intéressés contactez l’association.

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